Je suis célèbre !

Sujet: Expériences

Plus sérieusement, il y a quelques semaines, un journaliste du quotidien régional L’Union, à Laon (ma ville de naissance), m’a interviewé. Il m’a contacté sur Facebook car il était à la recherche d’expatriés afin de préparer une série d'articles intitulée «Les Laonnois du bout du monde». J’ai évidemment accepté.

Article du quotidien L'Union

Thomas a pris de la hauteur dans les montagnes péruviennes

Depuis 4 ans, le Laonnois Thomas Chedeville vit dans les monts du Pérou, tout près du lac Titicaca. Un changement de vie complet pour cet informaticien.

Philippe Robin : Comment êtes-vous arrivé au Pérou ?

Thomas Chedeville : Je vis entre Juliaca - au bord du lac Titicaca, à près de 4 000 m d'altitude - et Lima, la capitale. Je suis arrivé au Pérou en 2012. C'est une longue histoire.
J'ai travaillé à Paris durant 5 ans comme ingénieur dans l'informatique, mais petit à petit, je me suis retrouvé dans le rythme métro-boulot-dodo. Je n'en pouvais plus de la vie parisienne. Je voulais partir à l'étranger, voir autre chose, connaître le monde. Le temps passait, j'avais l'impression de ne pas avancer, d'être "prisonnier". Et j'ai rencontré une charmante Péruvienne - qui parle bien français, heureusement car mon espagnol était très mauvais à l'époque - et tout est devenu un peu fou. En quelques semaines, j'ai décidé de tout laisser et d'aller au Pérou avec elle. A la base, je ne voulais rester que 3 mois au Pérou mais presque 4 ans plus tard, j'y suis encore.

Au Pérou, vous faites quoi professionnellement ?

La première année, j'ai surtout fait du tourisme. J'ai aussi pris des cours d'espagnol et de cuisine. Ensuite, avec mon amie (qui est devenue ma femme) et sa mère, nous avons voulu travailler pour un programme de l'Etat: QaliWarma. Ce programme consiste à amener toutes sortes d'aliments à des écoles éloignées. L'idée me plaisait car nous devions tout gérer et j'avais l'impression d'être utile. Malheureusement, l'Amérique du Sud est rongée par la corruption et on nous a fait gagner les zones les plus difficiles et les moins rémunératrices. Nous avons donc décidé d'abandonner l'aventure. Ensuite, comme ma femme possédait un terrain au centre de Juliaca, nous avons décidé d'y faire construire un local pour y lancer notre propre restaurant. A peine la construction terminée, nous avons eu une belle proposition de la part d'un minier. Nous avons donc décidé de lui louer le local. Par la suite, mon beau-frère qui exporte du quinoa et autres grains andins m'a demandé de l'aider. Comme nous vivons à Juliaca, je fais visiter les champs et je présente l'entreprise aux clients étrangers. Je suis également responsable de la production et je revends le quinoa des petits producteurs locaux à mon beau-frère qui voyage beaucoup afin de rencontrer ses clients.

Qu'est-ce qui vous a séduit au Pérou ?

Je suis venu au Pérou sans rien connaitre de ce pays, ni même la langue. Comme tous les français, le Pérou c'était pour moi le pays du Machu Picchu, du lac Titicaca, des lamas et des bonnets péruviens ! Mais j'y ai découvert une population très agréable. Tous aiment me parler, ils sont curieux et cherchent à comprendre comment un français peut décider de venir vivre ici.
Le Pérou est aussi un pays riche en histoire, il y a énormément de choses à découvrir, impossible de s'ennuyer. Mais surtout, le pays est en plein développement, et il offre donc de nombreuses opportunités. Tout semble possible.

Votre vie est là-bas maintenant. Revenir en France un jour, c'est une possibilité ou pas du tout ?

Oui, j'y pense car notre local est loué et tout va bien pour les nouveaux locataires mais aussi parce que le prix du quinoa a beaucoup baissé depuis un an, c'est devenu beaucoup moins intéressant. Ensuite, parce que je reviens très peu en France (deux semaines en 4 ans) et ça me manque un peu, surtout ma famille. Enfin, parce que je vais bientôt être papa.
Mais une chose est certaine, même si je reviens en France, je repartirai pour le Pérou pour d'autres aventures. La vie de salarié ne me fait pas du tout rêver.

Qu’est-ce qui est le plus difficile quand on est expatrié ?

Ce qui est de loin le plus difficile, c'est d'être éloigné de sa famille (je ne connais même pas la dernière fille de mon frère). Mais aussi la nourriture. La France et le Pérou sont deux pays où la gastronomie est très importante. Ici, je mange très bien. Mais les fromages et les desserts me manquent.