2013 : Année Internationale du Quinoa

Sujet: Alimentation

 

Le quinoa est une plante traditionnelle cultivée depuis plusieurs milliers d'années sur les hauts plateaux andins.
Comme 2013 a été déclarée « Année Internationale du Quinoa » par l'Organisation des Nations Unies (ONU), j'ai décidé de traduire un article du journal « El Comercio » du 30 Décembre 2012 afin de présenter cette graine encore peu connue.

 

Cet or appelé Quinoa

La FAO a désigné 2013 « Année Internationale du Quinoa ». Cette culture andine assurerait la sécurité alimentaire de la planète. Paradoxalement, la malnutrition chronique dans les Andes reste encore très présente.

Il y a plus de sept mille ans, les premiers habitants des Andes ont découvert le plus grand trésor végétal connu jusqu’à aujourd'hui: le quinoa. Ce n’est pas cet arbre péruvien. L'arbre est le quinquina, Cinchona officinalis, le trésor est le quinoa, Chenopodium quinoa Willd, le seul aliment naturel qui contient tous les acides aminés essentiels nécessaires à la fabrication des protéines, en plus d’oligo-éléments et de vitamines.

Hautement nutritif, c’est aussi un grain guérisseur. Il y a quelque temps, dans un marché de La Paz, une vendeuse m'a montré des variétés de quinoa impensables. « Avec celui -là -de couleur noir- ça te soigne jusqu’à la tuberculose » me dit-elle tout en me présentant d'autres de différentes couleurs et tailles: « Pour les os, pour que tu ais de nombreux enfants, pour guérir ton foie et même le cancer. » Cette femme humble de Bolivie connait ceci par tradition, des connaissances transmises de génération en génération qui ont été constatées par la science. Pas étonnant que la FAO (Food and Agriculture Organization / Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) a déclaré 2013 « Année Internationale du Quinoa ».

Un peu de Science

Carl Ludwig Willdenow (1765-1812), botaniste et pharmacien allemand considéré comme l'un des pères de la phytogéographie, fut celui qui décrira le premier le quinoa pour la science. Ce fut en 1778, il indiqua seulement qu'il s'agit d'une espèce originaire d’Amérique du Sud. Le botaniste russe Sergei Bukasov (1891-1983) a été plus précis et a déterminé que son centre d'origine est situé dans les Andes péruviennes et boliviennes, une région où prolifère l’une des plus grandes diversités d'espèces.

Au Pérou et dans le reste des pays andins, il y a plus de trois mille variétés ou écotypes de quinoa, entre cultivées (domestiques) ou sauvages.

Bien que généralement considéré comme plante de montagne, il y a des quinoas parfaitement adaptés aux vallées côtières, aux hauts plateaux, aux zones de marais salants et à la haute jungle (forêt amazonienne). C'est une culture vivace, capable de s'adapter facilement aux différents étages agro-écologiques et résister à des températures allant de -4 ° C à 38 ° C. En plus de cela, le quinoa tolère bien le stress hydrique.

Organique et sécurité

La FAO estime que le quinoa a une haute valeur stratégique pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle de l'humanité. Pour les chercheurs, il a un grand potentiel dans la médecine, les cosmétiques et les colorants. Il n'est pas surprenant, donc, que cette culture soit dans un processus d'expansion dans d'autres pays, comme les Etats-Unis, le Canada, la Suède, le Danemark, la Hollande, l'Italie et la France (dans ce dernier, il y a même des taux de production par hectare plus élevés que dans les Andes). Le Brésil expérimente la culture du quinoa dans les zones tropicales depuis 1987 avec beaucoup de succès.

Si nous nous endormons, nous allons nous retrouver à devoir l'importer, même si pour l'instant le Pérou et la Bolivie produisent 90% du quinoa dans le monde, et en attendant la demande ne cesse de croître sur le marché des produits biologiques.

De l'histoire à la lune

Le quinoa est une des cultures les plus anciennes des Andes: elle remonte à environ 7000 ans. Ce sont les civilisations précolombiennes tels que Tiahuanaci et Inca qui l’ont domestiqué et conservé. Il a été trouvé dans des sites archéologiques au Pérou et en Argentine, et dans les tombes de Tarapaca, Calama, Tiltily et Quillagua au Chili. Le grain était une partie intégrante du régime alimentaire des anciens habitants de cette partie du globe. 

L'arrivée des Européens a conduit au remplacement de cette culture par des cultures de céréales telles que le blé et l'orge, mais le quinoa a résisté et aujourd'hui, se fait connaitre au monde. Et ce n'est pas exagéré, car même dans les programmes spatiaux, il est utilisé. Ainsi, notre quinoa a été utilisé par la NASA pour les voyages de longue durée du programme CELLS (Controlled Ecological Life Support System). Il est considéré comme l'aliment le plus complet, facilement absorbé et digéré, et avec une composition nutritive qui répond parfaitement aux besoins en protéine, il assure la bonne santé des astronautes.

Ici, sur la Terre

Si vous croyez que les OGM vont résoudre la faim dans le monde, détrompez-vous. La FAO, en déclarant l’année 2013 « Année Internationale du Quinoa », donne un signal clair: l'importance de revaloriser les cultures ancestrales qui ont permis l'évolution des grandes civilisations. C'est dans ces cultures négligées, en particulier dans notre quinoa, que se trouve la solution aux besoins en protéines qui renforce le corps et nourrit le cerveau des plus pauvres. Ce petit grain, qui est le véritable or des Andes, renferme le dynamisme et la créativité qui aideront des millions à satisfaire leur faim, à sortir de la pauvreté et à contribuer au progrès de leurs pays. Le quinoa est aujourd'hui synonyme de sécurité alimentaire mondiale et d’espoir dans les pays où l'agriculture est limitée, soit par la sécheresse ou le froid. Et cette merveille est péruvienne.